Le lien est évident avec le premier chapitre : c’est la partition de l’enfant.
Les mots sont doublement étrangers : italien/spécifique à la musique.
Etrangeté du titre s’inscrit dans une modernité.
Au chapitre I, on trouve cette question adressée à l’enfant : « Es-tu sûr de ne pas savoir ce que ça veut dire ? ».
C’est une question posée par Duras au lecteur.
Le problème des rapports entre la culture et la classe sociale est posé.
D’emblée, on a deux classes sociales opposées :
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Ceux qui savent |
Ceux qui ne savent pas |
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La professeure, la mère |
L’enfant |
On a donc une classe dominante : la bourgeoisie, les intellectuels et les dominés.
Inconsciemment, le lecteur s’apparente à un de ces deux groupes.
Duras constate une division socioculturelle mais elle contourne l’inégalité sociale en offrant la culture pour tous : « Pour la centième fois, ça veut dire modéré et chantant. »
Enfin, le titre relève à la fois de l’antiphrase et de la mise en abyme : il correspond et ne correspond pas à l’œuvre.
Rien de très « modéré » dans cette histoire de crime passionnel et pourtant quoi de plus modéré que la façon dont la narration nous l’expose ?
Rien de chantant dans les dialogues tâtonnants d’Anne et Chauvin et pourtant quoi de plus lyrique que leurs désirs et leurs silences ?
Cette ambigüité est indépassable.
Moderato est un tempo entre l’andantino et l’allegro. On retrouve l’ambigüité car un tel rythme assez soutenu contraste avec l’impression de lenteur qui se dégage du récit mais correspond en même temps à la rapidité avec laquelle se noue et se dénoue l’aventure entre Chauvin et Anne.
Cantabile est une nuance, une manière d’interpréter. Musique et langage indissociablement liés collaborent pour évoquer un sens.
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