Comme le commentaire, c’est un exercice d’argumentation. Il s’agit de proposer une réponse organisée à une question littéraire portant sur une œuvre intégrale et son parcours associé au programme. C’est donc un exercice rassurant qui se prépare toute l’année.
Le sujet peut prendre la forme d’une question ou d’une citation (extrait de l’œuvre, ou d’un autre texte de l’auteur, jugement d’un autre auteur, ou extrait d’une étude critique...). Un libellé invite les élèves à le traiter en prenant appui sur leur connaissance de l’œuvre et des textes étudiés dans le cadre de l’objet d’étude concerné.
Les attendus des examinateurs
-la compréhension du sens et des enjeux du sujet proposé ;
-un développement pertinent et cohérent, organisé en plusieurs parties, proposant un traitement progressif et argumenté du sujet ;
-une connaissance suffisamment précise de l’œuvre et de ses contextes pour permettre de justifier et d’exemplifier le propos ;
-une expression correcte et juste, au service de la réflexion sur la question posée.
Etape 1 : Analyser le sujet
- Lisez plusieurs fois le sujet
- Repérez et définissez les mots clés
- Repérez l’objet d’étude du programme, l’œuvre et son parcours sur lesquels porte la dissertation
- Reformulez éventuellement la question en une question simple qui constituera la problématique de la dissertation
- Identifiez ce que le sujet vous invite à faire puis choisissez un type de plan
Etape 2 : bâtir un plan
Le développement de l’argumentation suppose une construction du devoir, mais celle-ci n’est pas nécessairement ternaire : le fait de proposer deux mouvements, ou quatre, si l’ensemble est cohérent et constitue une argumentation claire, n’est pas considéré comme un défaut.
Il existe quatre types de plans possibles :
1) Le plan dialectique : thèse, antithèse et éventuellement synthèse. Il convient à tous les sujets qui invitent à peser le pour et le contre, à examiner puis à nuancer un point de vue.
- La première partie expose la thèse, l’idée la plus évidente.
- La seconde partie remet en question certains points de cette thèse pour la nuancer. C’est l’antithèse.
- La troisième partie facultative permet d’élargir le problème et de dépasser les contradictions. C’est la synthèse.
La pensée de ce type de plan pourrait se raisonner ainsi : certes…, mais, en réalité…
2) Le plan analytique : le sujet invite à étayer une thèse précise, de trouver des arguments qui illustrent le bien fondé de la thèse proposée.
3) Le plan thématique : le sujet demande d’explorer une notion et ses différents aspects à partir de vos connaissances sur la notion. Chaque partie développe un thème particulier en relation avec le sujet.
4) Le plan comparatif : Il propose une comparaison entre deux notions en abordant successivement les deux termes de la comparaison avant d'envisager un éventuel bilan. Ou bien, il peut comparer les deux éléments concernés en abordant à chaque partie un nouveau point de comparaison. Le but est de parvenir à définir une relation entre les deux éléments comparés, et non de valoriser l’un aux dépends de l’autre.
Etape 3 : rechercher des idées
Premier conseil : ne dissociez pas la recherche des arguments et des exemples. Commencez par l’un ou l’autre. Si vous trouvez un argument, demandez-vous quels exemples pourraient l’illustrer ou après avoir réuni un ou plusieurs exemples, formulez l’argument qui correspond.
Où chercher ? Envisagez toutes les ressources dont vous disposez :
- Les œuvres intégrales au programme dont il faudra rendre compte en y faisant des références précises, l’intitulé du parcours, les textes étudiés dans le parcours et les lectures cursives.
La connaissance de l’œuvre est déterminante, en raison de la définition même de l’exercice, mais on considère comme normal que les références prennent des formes diverses – citations, narrations brèves, caractérisations du moment qu’elles sont justes et servent le développement du propos
- Vos lectures personnelles (œuvres dites « classiques », romans de science-fiction, best-seller récent…
- Des comparaisons ponctuelles avec d’autres arts peuvent enrichir votre réflexion.
Etape 4 : construire un plan détaillé
I- Première partie
A- Premier argument (première sous-partie)/exemple(s) analysé(s)/
B- Deuxième argument (deuxième sous-partie)/exemple(s) analysé(s)/
C- Troisième argument (troisième sous-partie)/exemple(s) analysé(s)/
II- Seconde partie
A- Premier argument (première sous-partie)/exemple(s) analysé(s)/
Etc.
Conseil pratique 1: utilisez une feuille de brouillon pour chaque partie.
Conseil pratique 1:organisez vos arguments par force croissante.
Etape 5 : rédiger la dissertation
1) L’introduction : elle est constituée d’un seul paragraphe comportant :
- Une phrase d’amorce ;
- L’analyse du sujet définissant les mots clés ;
- La problématique déduite par l’analyse du sujet
- L’annonce du plan
Sautez deux lignes avant de commencer le développement
2) Le développement : il est constitué de deux, trois ou quatre parties. Chaque partie est organisée de la façon suivante :
- une phrase introductive énonçant l’idée de la partie en deux ou trois lignes et annonce très brève des sous parties.
- Chaque sous-parties (deux ou trois) commencera par un alinéa et formera un paragraphe de sorte que la construction de votre travail soit visible. Chaque argument est illustré par un ou plusieurs exemples commentés.
Attention : vous ne devez jamais oublier d’analyser les exemples que vous choisissez.
Une phrase de transition achève les parties. Elle résume ce qui a été dit et annonce la partie suivante. A la fin de la dernière grande partie de la dissertation la phrase de transition se transforme en conclusion partielle.
Sautez une ligne entre chaque partie
Sautez deux lignes avant de rédiger la conclusion
3) La conclusion : elle est constituée d’un seul paragraphe. Elle comporte :
- Une synthèse brève résumant l’essentiel et une réponse définitive à la problématique.
- Une ouverture exposant les limites du problème posé, élargissant la réflexion à un autre domaine littéraire ou artistique, explorant le contexte culturel ou historique…
Etape 6 : se relire
Corrigez vos fautes d’orthographe, les erreurs de syntaxe, les lourdeurs et les maladresses de style.
Erreurs à éviter :
- Utiliser la première personne du singulier : « je » : le « nous » de modestie est envisageable mais s’en passer est plus élégant. Il suffit de mettre en position de sujet grammatical ce dont il est question.
- Attention chers élèves, désormais, plus que jamais pour la dissertation, vous ne montrerez plus les « coulisses » du devoir en vous mettant en scène en temps qu’élève. Comme vous êtes grand maintenant, les mots « dissertation », « plan », « parties », « sous-parties », « problématiques » ne doivent plus apparaître dans votre devoir. Ce sont des lourdeurs de style. Or, il vous faut, pour satisfaire vos examinateurs, obéir aux codes des épreuves de l’examen. Bannissez les formules « Dans une première partie », « le premier mouvement de mon analyse… ». Préférez : « d’abord », « ensuite » et « enfin ».
Il faut le savoir :
Les examinateurs sont plus bienveillants envers les candidats audacieux et courageux qui choisissent la dissertation à condition qu’ils maîtrisent les codes de l’exercice (la méthodologie) et qu’ils fassent preuve d’une culture littéraire solide sur l’œuvre et son parcours. Que ce soit clair, choisir la dissertation n’est pas gage d’une bonne note. Les attentes sont celles d’une épreuve de baccalauréat.
Si le respect des conseils donnés en ce qui concerne la forme peut en plus d’une réflexion pertinente vous permettre d’avoir une note élevée, les documents complémentaires le précisent, le fond est plus important que la forme :
« Si l’on considère que le premier objectif du travail sur les œuvres est de former des lecteurs, il paraît nécessaire de ne pas s’exagérer l’importance des formes de l’exercice, et de rester ouvert à la pluralité des possibles, en privilégiant d’une part la capacité à construire une réflexion pertinente sur le sujet et d’autre part l’appropriation de l’œuvre par l’élève. »
Ne craignez donc pas cet exercice !
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