samedi 24 octobre 2020

Moderato Cantabile Marguerite Duras, 1958- Avant d'approfondir...

 

 

Moderato Cantabile est un roman dialogué : le lecteur est jusqu’à la fin en attente du récit : « j’ai voulu le traiter par le dialogue pour laisser le lecteur du livre le plus libre possible d’interpréter ce dialogue ». Le silence, en effet, se glisse entre les mots, entre les répliques, recouvre la fin des phrases d’un voile énigmatique : « J’ai voulu faire d’abord un roman d’amour et j’ai voulu recharger le langage de tout son poids érotique, c'est-à-dire que j’aurai bien voulu que ce langage-là  tienne lieu d’acte d’amour. »

Le roman est dédié à « G.J. ». Malgré la discrétion de la dédicace, il est aisé rétrospectivement d’identifier les initiales de Gérard Jarlot, l’homme avec lequel Duras vit une relation passionnelle au moment où paraît le roman. La biographie de l’auteure hante la lecture du texte. Dans ses confidences publiées, Duras dit : « Ce que je raconte dans Moderato Cantabile, cette femme qui veut être tuée, je l’ai vécu. ».

On pense toutefois que Duras évoque sa séparation durant l’hiver 1956 avec Dyonis Mascolo dans  Moderato Cantabile. En effet, elle racontera leur passion destructrice qui s’est emparée d’eux pendant des mois qui les pousse à la violence physique entretenue par l’alcool. C’est précisément cette union étroite entre désir sexuel et désir de mort que le roman donne à lire.

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